Historique

L’ESSENTIEL EN BREF

Les débuts: le 16 octobre 1864, une vingtaine de membres de la Loge Zur Hoffnung, de Berne, résidant dans les environs de Bienne, décident, avec l’accord de leurs Frères de Berne, de fonder leur propre atelier, l’Etoile du Jura, sous la présidence du docteur Robert James Shuttleworth, ancien Vénérable de Zur Hoffnung. La nouvelle Loge prend un excellent départ puisque dix ans après sa fondation elle peut déjà se construire un immeuble pour abriter son Temple, sis au 40 de la rue du Jura.

Aujourd’hui : l’Etoile du Jura compte une quarantaine de Frères qui se réunissent le jeudi soir. De tous les horizons professionnels, ils mettent à profit leurs rencontres hebdomadaires pour approfondir l’étude du symbolisme, mais aussi discuter de thèmes philosophiques tels que l’environnement ou l’engagement social. Appartenant au Giron neuchâtelois et jurassien, elle est devenue essentiellement francophone au fil des ans; elle accueille cependant volontiers des germanophones car la plupart des Frères sont bilingues et, sur demande, les rituels peuvent se tenir en allemand. Ce bilinguisme est unique en Suisse. De manière générale, L’Etoile du Jura a su gagner, par son ouverture d’esprit et ses œuvres nombreuses dans le domaine social, l’estime des milieux étrangers à la Franc-maçonnerie (source: Michel Cugnet, Deux siècles et demi de Franc-Maçonnerie en Suisse et en pays de Neuchâtel, Editions du Chevron, 1991)

DANS LE DETAIL

I. Robert James Shuttleworth : Un Frère patriote

Robert James Shuttleworth, en 1856, est le Vénérable de la Loge bernoise Zur Hoffnung. A cette époque, la crise de l’affaire de Neuchâtel – qui faillit provoquer une guerre entre la Suisse et la Prusse – provoque une forte effervescence jusque dans les Loges maçonniques. «Mon pays est ma première patrie, ma Loge est la deuxième», énonce le Zurichois Grand Maître K. Ott. La citation fait l’effet d’une traînée de poudre jusqu’à Berne. Robert James Shutlleworth fait partie de la foule qui vient acclamer le vieux général Dufour à l’hôtel de la Couronne – «Que c’est beau un peuple libre qui prend les armes pour défendre sa liberté!», s’écrie-t-il. La mobilisation générale est décrétée, les étudiants forment des corps francs. Ces événements ne se ressentent pas à Zur Hoffnung: réunions toujours fréquentes, toujours enflammées, bien que de nombreux Frères, notamment ceux du Collège, soient sous les drapeaux. La Loge est finalement fermée; elle ne sera rouverte que le 22 février 1857 lorsque tout risque de conflit est définitivement écarté.

II. L’équipe fondatrice

En 1864, lorsque Robert James Shuttleworth décide, avec l’accord de Zur Hoffnung – qui devient ainsi ce qu’on appelle la loge-mère – et les encouragements de la Grande Loge Suisse ALPINA, de fonder la Loge biennoise Etoile du Jura, 22 Frères de Zur Hoffnung qui habitent la région le suivent avec enthousiasme dans son entreprise. Mais la nouvelle Loge ne possède pas de bâtiment; c’est donc à la rue Basse 21, dans la Vieille Ville de Bienne, au second étage de l’ancienne maison de l’Abbaye de Bellelay – l’actuel restaurant Saint-Gervais – qu’elle établit ses quartiers. Voici les membres fondateurs du Collège : Vénérable Maître en Chaire, Robert James Shuttleworth; Premier Surveillant, J.-F. Tscherter; Second Surveillant, A.-E. Jacky; Secrétaire, Albert König; Trésorier, Alexandre Benz; Premier Expert, C.-L. Kuhn; Second expert, C. Seitz. La première séance du comité a lieu le 7 septembre. Le grand jour arrive enfin: le 16 octobre 1864, l’Atelier reçoit sa dédicace

III. La longue aventure de la construction de la Loge

1873 – le loyer à la rue Basse devenant toujours plus élevé, décision est prise de construire un immeuble. Un Frère, architecte et entrepreneur, achète, en son nom, le terrain pour livrer, clef en main, un immeuble à fin mars 1874.

1874 – Création par des Frères de la S.A. immobilière «Rosenheim» pour l’achat de
            l’immeuble récemment construit.

1875 – Achat de l’immeuble en question par Rosenheim S.A.

1888 – Rosenheim S.A. cède l’immeuble à la Loge.

Ces diverses étapes étaient tributaires de la loi bernoise qui ne permettait pas à des sociétés comme la nôtre de se constituer et d’acquérir le droit de personne civile et, par là même, d’acquérir un terrain et de construire un immeuble. Ce n’est qu’en 1888, et pour se mettre en accord avec l’article 716 du Code des obligations sur les sociétés scientifiques, religieuses, de bienfaisance, de récréation, etc., que la Loge put acquérir enfin la personnalité civile et devenir ainsi propriétaire de l’immeuble.

1902 – Construction de la grande salle

1912 – 1929 – Ventes et échanges de terrain

1964 – Fin de la construction des garages et première rénovation de la grande salle et du Temple.

1979 – Fin de la rénovation du toit, des façades, du logement des gérants, de la salle de conférence, du hall, du corridor, de la cuisine et du parking.

1988 – Deuxième rénovation de la grande salle

2005 – Rénovation intégrale du parquet de la grande salle.

2009 – Rénovation profonde de la cuisine

IV. Une Loge engagée dans la société civile

Depuis sa fondation il y a 147 ans, la Loge Etoile du Jura s’est impliquée dans la région pour soutenir des initiatives dans le domaine social et culturel. Citons notamment la fondation de la Crèche, des Cuisines scolaires, de l’Ecole Froebel et des Bibliothèques populaires. Des subventions spéciales ont été attribuées aux asiles Mon Repos, à la Maison Blanche, aux Bibliothèques scolaires ainsi qu’au Sanatorium « Heiligenschwendi ». En 1928 fut inaugurée, grâce à d’importants sacrifices, la pouponnière « Stern am Ried – Etoile du Ried ». Afin d’intéresser aussi le monde profane à cette institution, celle-ci fut transformée en une société à personnalité morale. A la fin des années 80 et grâce à la rénovation complète de la grande salle, la Loge a participé à la création de la Société Philharmonique de Bienne, qui accueille chaque année des concerts de musique de chambres donnés par des artistes de réputation internationale. Depuis 1999, elle soutient également le Podium des jeunes interprètes qui permet à de jeunes musiciens de la région de faire leurs premières armes en public.

De manière générale, l’Etoile du Jura a pour politique d’initier une idée, d’aider à sa concrétisation et de laisser ensuite les choses suivre leur cours tout en veillant, bien sûr, à la pérennité de ses œuvres. Son soutien à des initiatives dans le domaine social et culturel se veut à la fois discret et efficace.

V. Une Loge-fille à Soleure

Comme précisé plus haut, l’Etoile du Jura est la seule Loge suisse à pouvoir pratiquer le rituel maçonnique de la Grande Loge Suisse ALPINA aussi bien en français qu’en allemand. Cette tradition demeure vivace même si la plupart des travaux se font désormais en français. Cela est dû au fait qu’en 1976, dix-sept Frères de langue allemande nous ont quittés pour fonder la Loge Prometheus à l’Orient de Soleure.

En dépit des secousses économiques (Bienne a perdu plus de 10.000 habitants après la crise horlogère des années 70) et des exigences socio-professionnelles imposant de plus en plus de mobilité à nos jeunes Frères contraints de partir vers d’autres Orients, notre Atelier reste uni et animé par l’esprit maçonnique, reflet de la diversité des langues, des cultures et des intérêts de la population de notre localité. Plus que jamais, cet esprit est vivace au sein de notre Loge et notre foi dans un avenir meilleur, intacte.