La Franc-maçonnerie, un idéal très actuel

Cher internaute,

Bienvenue sur le site internet de la loge «Étoile du Jura», à Bienne.

La Franc-maçonnerie est intéressante à plus d’un titre, mais elle peut paraître nébuleuse, difficile à comprendre.
«Pour le public, un Franc-maçon sera toujours un vrai problème qu’il ne saurait résoudre à fond qu’en devenant Maçon lui-même.» (Frère Ricault, 1737).
Cette petite phrase sous forme de boutade résume bien la difficulté à expliquer à une personne non initiée ce qu’est ou ce que n’est pas la Franc-maçonnerie.

Que de rumeurs existent à son sujet, que de choses ont été dites, et bien trop souvent de manière erronée, soit par manque de connaissance ou simplement pour faire du tort en disant tout et n’importe quoi. Ainsi, bien des gens ont peur de ce qu’ils ne comprennent et ne connaissent pas.

La société a l’habitude de coller des étiquettes et de classer les gens ou les associations! Si on est d’une telle couleur politique, il est malvenu d’avoir des idées différentes de la ligne du parti. Si on est supporter d’une équipe de football, c’est par opposition à l’équipe adverse. Si on est créationniste, l’évolutionnisme ne peut se concevoir ou inversement, si on est pour quelque chose, c’est qu’on est forcément contre la chose inverse.
Dans notre société actuelle, où la compétition est de rigueur, il faut très souvent raisonner en terme binaire du genre vrai ou faux. Cela peut avoir quelque chose de rassurant, mais aussi de réducteur et surtout cela ne peut pas correspondre à la Franc-maçonnerie.

Ces dernières années, la Franc-maçonnerie a tendance à s’ouvrir davantage; non pas qu’elle avait des choses à cacher, mais  les temps sont actuellement plus propices à l’ouverture de sa philosophie, de sa méthode et de son esprit novateur à autrui surtout si on songe que la maçonnerie spéculative (celle que nous pratiquons encore aujourd’hui) date de 1717, voire d’avant pour certains, et pourtant elle n’a jamais paru si actuelle.

La Franc-maçonnerie apprend à ses membres à penser par eux-mêmes, ce qui est l’inverse d’une secte dans laquelle il est dit ce qu’il faut penser ou croire. Ce n’est pas le cas en Loge. Ainsi, nous nous retrouvons en ayant le même idéal de fraternité, mais sans avoir nécessairement le même point de vue.

J’aime bien cette phrase de Gilbert Arban: «Ainsi, la communauté (de Francs-maçons) vit l’union dans la diversité, tandis que les sociétés profanes vivent le contraire, c’est-à-dire l’unité dans la conformité.»

La Franc-maçonnerie ne prétend pas apporter une vérité, mais amène chacun à chercher SA vérité.
Oswald Wirth, un Franc-maçon très connu, disait: «La vocation initiatique se rencontre parmi ces vagabonds spirituels qui errent dans la nuit après avoir déserté leur école ou leur église, faute d’y trouver leur vraie lumière.»

Il ne s’agit pas de dénigrer une religion quelle qu’elle soit. La plupart d’entre nous font partie d’une religion et certains sont de grands pratiquants, mais une religion n’exclut pas les autres.
Les croyances de chacun étant vues non comme une concurrence envers les autres, mais comme une saine émulation; par ailleurs, elles peuvent être considérées comme les facettes différentes d’un même diamant.

La Franc-maçonnerie apparaît volontiers avec des paradoxes, mais ils ne tiennent pas la route dès lors qu’on a franchi le miroir et qu’on les observe de l’intérieur.

Une des critiques concernant la Franc-maçonnerie est qu’elle est élitiste, ce qu’elle n’est pas. Tout un chacun peut demander à en faire partie, il suffit d’envoyer une lettre de candidature.
En fait, c’est plutôt le contraire, à l’image de la vie qui est d’une diversité infinie, la Franc-maçonnerie voit dans la diversité d’opinions, de pensées et de conditions sociales une grande richesse.

Vous trouverez sur ce site des explications détaillées sur ce qu’est ou ce que n’est pas la Franc-maçonnerie.

Il est vrai que nous organisons, lors de chaque candidature, une ou plusieurs réunions entre le candidat et des membres de la Loge, non pour juger de la personne, mais pour s’assurer que le candidat ne vient pas chez nous pour de mauvaises raisons et lui laisser toutes les chances de s’intégrer avec le maximum de réussite.
Il n’est pas évident pour une personne d’accepter l’autre tel qu’il est, et non tel que l’on voudrait qu’il soit. Ainsi, accepter l’autre avec sa religion, par exemple, et l’accepter sans chercher à avoir absolument raison, n’est pas forcément donné à tout le monde.
C’est ainsi qu’une personne raciste sera mal à l’aise parmi nous, non pas que nous nous croyons supérieurs aux autres et que nous pensons détenir la vérité. Le fait d’accepter des personnes de tout horizon social ou spirituel dément cela, mais si une personne ne peut voir que parmi toutes les personnes se trouvent des gens de qualité, quelle que soit leur couleur de peau ou leur religion, alors elle ne peut se sentir à l’aise dans un ordre qui se veut universel et qui, de par sa nature, donne plus de valeur à la qualité d’une personne qu’à ses origines ou à son statut social.

Plusieurs dizaines de milliers de livres existent sur la Franc-maçonnerie. «Quel est donc l’intérêt d’en faire partie?» me direz-vous, vu qu’on peut presque tout lire au sujet de ses rites, de ses coutumes et autres.

Lire uniquement des livres sur la Franc-maçonnerie revient à lire des livres de recettes de cuisine sans ne jamais toucher à la nourriture. On pourrait vous expliquer de toutes les manières possibles les saveurs qu’on ressent lorsqu’on mange un filet mignon aux morilles, cela ne remplacera jamais les sensations, les sentiments qu’on éprouve, l’expérience qu’on vit lorsqu’on goûte vraiment à ce plat.
Il en va de même en Loge où seule l’expérience peut apporter à celui qui la vit sa réelle valeur et sa véritable signification qui est personnelle et difficilement communicable, d’où le fameux «secret» qui a fait tant de bruit, même encore de nos jours!

Chacun vient chez nous pour différentes raisons et il y a probablement autant de raisons que de Francs-maçons, mais une des meilleures définitions que j’ai entendues, et qu’on cite souvent, est que la Franc-maçonnerie est une école de vie.

Imaginez une société où l’on peut s’enrichir spirituellement, en vivant sa spiritualité, non à l’identique de l’autre, mais orientée vers le même idéal de perfectionnement. Une société où chacun travaille à l’édification de ses propres convictions dans un respect mutuel et où sepratique une fraternité non dénuée de joie et de bonne humeur. Une société encore, dans laquelle on partage des repas en commun tout en vivant une vie normale avec sa famille et son travail.

Nous sommes idéalistes au point de penser qu’une personne peut se perfectionner, mais cela ne veut pas dire que nous sommes angéliques. Le droit de chacun est absolument nécessaire, mais il est souvent utilisé abusivement pour justifier n’importe quel comportement. Le droit de chacun est à mettre en balance avec les devoirs qui lui incombent.

La Franc-maçonnerie utilise des symboles comme méthode d’enseignement. De cette manière, ces symboles parlent à chacun selon sa propre compréhension et selon son propre entendement.

Pour C.G. Jung, le symbole n’est pas une simple allégorie, il mobilise et transforme la globalité de l’individu: «Le symbole est un véhicule transformateur d’énergie.»

Certains pourraient être tentés de coller une étiquette en disant «on sait maintenant ce qu’est la Franc-maçonnerie, c’est une école de vie ou une école de pensée spirituelle». Mais c’est un peu trop simple. Certains de nos membres ne se retrouveraient peut-être pas dans cette définition; ceux, par exemple, qui n’y voient pas la composante spirituelle que j’y trouve personnellement.

Pour conclure, je crois qu’on peut définitivement approuver la phrase du frère Ricault citée en préambule.

Le Vénérable Maître en Chaire

Laurent Landry

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